La première chose à souligner
c’est que nous ne voulons pas opposer les droits des
parents aux droits des enfants. Il ne s’agit pas d’une
compétition avec une personne qui gagne et une autre
qui perd. Cependant, pour éviter que les enfants soient
des victimes, devons-nous renforcer le pouvoir des adultes
ou la capacité des enfants à se percevoir comme
des personnes à part entière ayant les mêmes
droits que tout être humain, tel que promulgué
en 1989 dans la Convention relative aux droits de l’enfant?
Même s’il convient sans doute de faire une différence
entre la petite tape sur les fesses donnée à
l’occasion et les corrections physiques régulières,
même si l’impact et les conséquences sur
l’enfant peuvent varier suivant son âge, sa personnalité,
la qualité de sa relation avec ses parents, la gravité
et la régularité des gestes posés, qu’apprenons-nous
réellement à nos enfants en les frappant? Que
c’est correct de frapper? Que les adultes ont le droit
de frapper les enfants mais pas l’inverse? L’inégalité
entre les personnes devient très claire : le pouvoir
est aux adultes.
Normalement, les adultes devraient utiliser leur autorité,
leur pouvoir pour assurer le bien-être des enfants.
Mal utilisé, ce pouvoir peut cependant mener à
l’abus de pouvoir qui se traduira en gestes de violence
de diverses formes : physique, psychologique, verbale, sexuelle.
Si le pouvoir est aux adultes, quelle est la différence
entre la fessée par le parent, au nom de l’amour,
de son éducation, du bien-être de l’enfant
et l’utilisation d’autres formes de violence par
les agresseurs qui diront aussi que c’est pour le bien
de l’enfant, même dans le cas d’attouchements
sexuels par exemple? Pour l’enfant, comment faire la
différence entre « c’est parce que je t’aime
que je suis obligé de te frapper » et «
c’est parce que je t’aime que je te touche de
cette façon là. »
Pour toutes ces raisons, le R.O.E.Q. considère la
fessée comme une méthode disciplinaire inacceptable
et comme une mauvaise utilisation du pouvoir de l’adulte
pour contrôler l’enfant. C’est pourquoi
il importe de rejoindre les adultes, pour susciter leur réflexion
et leur proposer des alternatives disciplinaires concrètes,
afin qu’ils soient mieux outillés pour faire
face au défi que représente l’éducation
des enfants.
C’est important, parce que les enfants sont des personnes
à part entière, qui ne sont pas que l’avenir
de la société, mais aussi son présent
et qu’ils ont tous le droit à la sécurité,
à la force et à la liberté.
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